Washington brandit la menace de restrictions de visas : Tshisekedi cherche à désamorcer la crise

Alors que les États-Unis envisagent d’élargir leur politique de restrictions d’immigration à plusieurs pays africains, dont la République démocratique du Congo, les autorités congolaises multiplient les initiatives diplomatiques pour éviter une interdiction totale de visas américains. Le gouvernement congolais, mis en alerte, s’efforce de contenir les répercussions d’une telle mesure sur ses citoyens.

Lors du Conseil des ministres du vendredi 20 juin, le président Félix Tshisekedi a donné des instructions fermes au gouvernement. Il exige des « mesures correctives concrètes » pour écarter le spectre d’un isolement diplomatique. Selon le compte rendu officiel, la présidence estime que l’éventuelle suspension de visas affecterait gravement la mobilité des étudiants, chercheurs et opérateurs économiques congolais.

Cette alerte intervient dans un contexte de discussions tendues entre Kinshasa et Washington. La veille, une réunion de haut niveau s’est tenue à Kinshasa entre plusieurs membres du gouvernement congolais et l’ambassadrice américaine Lucy Tamlyn. Les échanges ont porté sur la fiabilité des documents de voyage et la coopération bilatérale en matière de sécurité migratoire.

Le président congolais insiste sur l’importance d’une réponse rapide et coordonnée de l’exécutif. Selon lui, la question dépasse le simple cadre administratif pour toucher à des enjeux stratégiques : accès à l’éducation à l’étranger, attractivité économique, et image internationale du pays. « Il faut éviter à tout prix des conséquences diplomatiques et économiques lourdes », a-t-il averti.

Du côté américain, les autorités évoquent des préoccupations liées à la sécurisation des titres de voyage et au respect des engagements en matière de coopération migratoire. Dans ce cadre, la RDC figure parmi une liste de 36 pays susceptibles d’être soumis à de nouvelles restrictions, aux côtés du Tchad, du Soudan, de la Guinée équatoriale et de la Somalie.

Kinshasa mise désormais sur le dialogue pour désamorcer cette crise. Un accord de principe a été trouvé pour renforcer la collaboration entre les deux pays, notamment en matière de sécurisation des documents d’identité. Les deux parties se sont engagées à maintenir un canal de communication permanent afin de prévenir une dégradation des relations diplomatiques.

CK

par Van Van

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