Kisangani : tensions autour de la liberté d’expression après l’arrestation de militants de la LUCHA

La ville de Kisangani est le théâtre de vives tensions après l’interpellation de deux militants de la LUCHA, Jedidia Mabela et Zackarie Kingombe. Selon le mouvement citoyen, ces arrestations seraient survenues suite à leur participation à un sit-in pacifique le 30 septembre devant l’Assemblée provinciale, organisé pour dénoncer la mauvaise gestion des ressources publiques par le gouvernement provincial et réclamer un contrôle parlementaire plus strict. La LUCHA qualifie ces mesures de « totalement arbitraires » et s’inquiète du respect des droits fondamentaux dans la province de la Tshopo.

Jedidia Mabela a été arrêté le 1er octobre et transféré à la prison centrale après son audition au parquet général, pour répondre à des accusations d’imputations dommageables et de diffusion de fausses informations, émanant de proches du gouverneur Paulin Lendongolia. Le lendemain, Zackarie Kingombe a été enlevé par six hommes armés dont les motifs et le lieu de détention restent inconnus. Cette situation a suscité une vive inquiétude au sein de la société civile et interpelle sur la liberté d’expression et la sécurité des activistes à Kisangani.

Le mouvement citoyen souligne également le contraste entre les dépenses publiques jugées extravagantes, telles que le double concert de Rebo Chulo, et le déficit criant de services de base pour la population, notamment en électricité, eau potable ou infrastructures routières. Selon la LUCHA, la répression du rassemblement pacifique et la multiplication des arrestations contraignent d’autres militants à se cacher, révélant une tension croissante autour de la gouvernance provinciale et du respect de l’État de droit en RDC.

CK

par Van Van

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