
Le débat sur l’efficacité de l’action gouvernementale prend une tournure polémique au sein de la famille politique du chef de l’État Félix Tshisekedi. L’honorable député national Olivier Kabeya a récemment suscité de vives réactions en s’opposant fermement à toute idée de limogeage du VPM de l’Intérieur Me Jacquemain Shabani, ministre issu du parti présidentiel , l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS).
Pour ce parlementaire, l’éviction d’un cadre du parti présidentiel semble « impensable », une posture qui interroge sur la primauté de la solidarité partisane face à l’exigence de résultats alors que les critiques sur les insuffisances de certains membres du gouvernement se multiplient.
Cette prise de position du député passe mal auprès d’une partie de l’opinion, qui y voit une dérive par rapport au slogan historique « Le Peuple d’abord ».
En érigeant un bouclier politique autour de responsables dont l’inaction est pointée du doigt, notamment sur les questions brûlantes de sécurité, l’élu semble s’éloigner de l’indignation du souverain primaire.
Cette protection systématique des cadres nommés, malgré des bilans jugés largement insuffisants, crée un fossé entre les attentes des citoyens et la réalité des jeux de pouvoir au sein de la coalition.
Au-delà de la survie politique d’un ministre, cette situation soulève une question fondamentale sur le rôle du représentant du peuple. En choisissant de se faire l’avocat d’un individu plutôt que de porter la voix d’une population meurtrie par l’insécurité, l’honorable Olivier Kabeya opère une inversion des rôles qui trouble les observateurs.
Pour beaucoup, cette inertie défendue au sommet de l’État constitue une faille majeure dans le contrat social, rappelant que la mission parlementaire devrait consister à garantir les droits des électeurs plutôt qu’à justifier les défaillances opérationnelles des membres du gouvernement.
Signalons qu’au moment où il multiplie les inspections pour renforcer la sécurité aux frontières, le Vice-Premier ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo, fait face à une fronde au sein de l’Assemblée nationale. Une motion pour incompétence le vise désormais, mettant en lumière le climat de redevabilité exigeant qui pèse sur les membres du gouvernement Suminwa.
Rédaction
