
Le paysage politique congolais est actuellement secoué par une passe d’armes virulente entre deux figures majeures de la majorité : Peter Kazadi Kankonde et André Mbata Mangu. Dans une mise au point musclée, l’honorable Kazadi a exprimé son vif étonnement face aux récentes sorties de son collègue, dénonçant une tendance systématique à user de l’argument d’autorité pour clore le débat. Au-delà d’une simple querelle de procédure, ce différend expose au grand jour des divergences profondes sur la gestion interne de la plateforme présidentielle et sur l’interprétation des principes démocratiques chers au Chef de l’État.
Sur le terrain de la légitimité politique, Peter Kazadi revendique une proximité historique et une fidélité de longue date envers Félix Tshisekedi, rappelant ses 36 années de lutte politique. Il récuse fermement toute tentative d’instrumentalisation du nom du Président pour justifier des positions personnelles, tout en défendant sa propre place au sein du bureau de l’Union Sacrée. Pour Kazadi, sa présence n’est pas une faveur, mais un droit découlant de son poids politique à la tête d’un regroupement fort de quatorze députés, fustigeant au passage ce qu’il perçoit comme une animosité visant à marginaliser la concurrence interne.
La question de la désignation du gouverneur cristallise également les tensions, révélant un malaise profond sur le respect des procédures partisanes. Peter Kazadi reproche ouvertement à André Mbata d’avoir contourné l’UDPS, le parti présidentiel, qui aurait dû être le seul organe habilité à proposer un candidat à l’Union Sacrée. En invoquant des précédents où M. Mbata avait lui-même exigé de la transparence, Kazadi souligne une incohérence flagrante dans la démarche actuelle, qu’il qualifie de manquement à la discipline de groupe et aux usages établis.
Enfin, la confrontation s’est déplacée sur le terrain académique, où Peter Kazadi a porté une estocade à la crédibilité scientifique de son interlocuteur. Remettant en cause le titre de « professeur extraordinaire » revendiqué par André Mbata — une qualification inexistante dans la nomenclature académique congolaise —, l’ancien ministre de l’Intérieur appelle à cesser l’instrumentalisation de la science dans les joutes politiques. Invoquant ses 22 ans de carrière au barreau, il exhorte son confrère à revenir à une forme de rigueur et de loyauté, afin que le débat public ne soit plus pollué par des contradictions nuisibles à l’intégrité intellectuelle.
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