CHRONIQUE-RDC : « Par la négociation, Tshisekedi va-t-il obtenir ce que la batterie des mesures diplomatiques n’a pas obtenu ? »

C’est une décision oxymore pour celui qui a été radical dans sa position et très affrioler , Tshisekedi juré pugnace mordicus de ne pas négocier avec le groupe rebelle M23 qu’il qualifiait de pantin du Rwanda.

Cette radicalisation du refus de ne pas négocier avec le M23 se dilue à la suite de l’annonce édulcorée par l’Angola de possibles négociations entre la RDC et AFC-M23.

Comme tout bon citoyen lambda l’interrogation s’invite au débat : qu’est ce qui a bien changé ?

À la suite de son entrevue avec son homologue angolais, qu’est-ce que João Lourenço aurait dit à Félix Tshisekedi pour que tout change et que les énergies soient de nouveau tournées vers la négociation ?

Pourquoi vouloir négocier avec une coquille vide mais qui sur terrain ravage et qui s’est hissé au rang d’interlocuteur incontournable ?

Même si l’entourage de Tshisekedi semble jouer au jeu de la prostituée qui s’en va à contre cœur dans le bras d’un premier nouveau venu. Et pourtant ce qui était qualifier hier comme l’appétit lippoyer de ne pas négocier avec l’AFC-M23 est devenu à l’épreuve du temps l’appétit vorace du loup pour le gouvernement de Kinshasa.

L’intention de l’Angola d’ouvrir des pourparlers entre Kinshasa et le groupe armé AFC-M23 n’a pas un caractère contraignant liant forcément Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo à la démarche de Laurencio, et donc Kinshasa devra s’assumer dans son adhésion à la formule de la négociation et éviter toute philosophie de double discours qui a coûté la vie à de millions de personnes décédées à l’Est.

Le double langage, ou double discours à été l’œuvre usité de l’ancien ministre des affaires étrangères Lutundula , consistant à tenir des propos différents, voire contradictoires, en fonction des audiences auxquelles on s’adresse.

Voilà qui justifie le récent communiqué de L’AFC-M23 du jeudi 13 mars dans lequel ce mouvement rebelle attend du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo son engagement public pour la négociation, foulant ainsi aux pieds la résolution de l’ONU 2773 créant ainsi le processus de Nairobi.

Pour des analystes avertis, la sortie médiatique du président honoraire Joseph Kabila dans laquelle il dressait un tableau sombre de la situation qui sévit à l’Est de la RDC n’était pas sans conséquence et loin d’être une complaisance sardonique à l’égard de la gestion de Félix Tshisekedi , elle a servi de parchemin pour que la communauté internationale puisse avoir une autre lecture rémanente de la situation sécuritaire dans la partie Est de la RDC.

À en croire certaines indiscrétions, la sortie médiatique du président honoraire Joseph Kabila sert actuellement de compas pour plusieurs salons politiques dans la quête de la paix dans la zone sous occupation des rebelles.

L’attitude de la RDC de vouloir se contenter du simple fait de « prendre acte » de l’intention de l’Angola d’ouvrir les négociations et d’attendre d’en voir les modalités concrètes semble être une attitude complice qui véhicule un discours amphigourique , car le schéma est connu des ambassades étrangères au pays.

Il sera question de redipliquer le schéma de 2009 et 2013 passant par une négociation avec l’AFC-M23 qui devra faire part de ses revendications au gouvernement de la République Démocratique du Congo et qui exigera un dialogue national avec toutes les couches de la société congolaise.

Et du coup, les choses deviennent plus claires, il s’agira là de la matérialisation et de l’entrée en jeu du projet garrotté du pacte social chanté matin, midi et soir par le tandem ECC-CENCO.

En acceptant de dialoguer, l’assouplissement de la position de Félix Tshisekedi aura pour corollaire :

  1. Félix Antoine Tshisekedi rencontrera la rébellion du M23 pas forcément à Kampala où il tentera d’envoyer sa délégation ;
  2. Laquelle délégation sera conduite par les figures de proue ressortissants des provinces touchées et qui sont au pouvoir ;
  3. Cette rencontre coïncidera en marge d’un sommet africain pour que le processus prenne forme ;
  4. Durant le processus, l’implication politique des pays des Grands Lacs sera mise en valeur ;
  5. Les chefs d’État vont exiger des insurgés qu’ils quittent les zones occupées grâce à un ultimatum conventionnel ;
  6. L’AFC-M23 va faire part de ses revendications au gouvernement de la République démocratique du Congo ;
  7. L’exigence à la négociation inversée, les rebelles en position de force exigeront d’abord un dialogue avant de penser se retirer des zones occupées dans un rayon de 20 km ;
  8. Pour la coordination de l’AFC-M23, le retrait des zones occupées ne doit pas être un préalable, mais plutôt une partie intégrante de la négociation;
  9. Au regard de la réalité sur le terrain, les négociations devront porter sur la mise en œuvre de l’accord du 23 mars 2009, car ce dernier demeure la mine d’or des rebelles ;

Stratégiquement, toute la communauté internationale et les pays des Grands Lacs vont converger vers le dialogue comme étant la démarche privilégiée pour arrêter de façon harmonisée l’hémorragie du conflit.

Dans l’hypothèse de la matérialisation de ce schéma méticuleusement nourri par L’AFC-M23, la diplomatie congolaise en subira un aveu d’échec.

Henry NGINDU

par Van Van

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