
Un tournant diplomatique majeur entre la République démocratique du Congo et le Rwanda s’annonce. Le 27 juin prochain, les ministres des Affaires étrangères des deux pays procéderont à la signature officielle d’un accord de paix, a confirmé Olivier Nduhungirehe, chef de la diplomatie rwandaise. « Le 18 juin 2025, les experts ont simplement paraphé l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda », a-t-il précisé, réfutant toute idée d’un accord préliminaire déjà signé.
Ce processus de normalisation, amorcé à Washington, a bénéficié du soutien actif des États-Unis et du Qatar. Le texte de l’accord, issu de trois jours de négociations qualifiées de « constructives », avait été paraphé en présence d’un représentant qatari et d’Allison Hooker, secrétaire d’État adjointe américaine aux affaires politiques.
« Un deuxième accord ne sera pas signé le 27 juin », a tenu à clarifier M. Nduhungirehe. Selon lui, la rencontre entre les présidents congolais et rwandais, encore à programmer, ne servira pas à ratifier un nouveau texte, mais à « faire progresser la paix, la stabilité et la prospérité économique dans la région des Grands Lacs ».
L’accord de paix repose sur une déclaration de principes signée le 25 avril 2025. Il intègre des engagements politiques, sécuritaires et économiques, dont l’interdiction des hostilités, le désarmement des groupes armés non étatiques et le retour des réfugiés. Il prévoit aussi un mécanisme conjoint de coordination sécuritaire basé sur le CONOPS du 31 octobre 2024.
Washington entend jouer un rôle moteur dans la stabilisation de la région. La signature officielle, attendue le 27 juin, se tiendra sous les auspices du secrétaire d’État américain Marco Rubio. Le Qatar, engagé dans une médiation parallèle avec les États-Unis, a été pleinement intégré aux discussions afin de garantir une synergie diplomatique.
De part et d’autre, les gouvernements congolais et rwandais ont salué les efforts conjoints menés par les partenaires internationaux. Le communiqué conjoint met en avant l’importance de la coopération régionale pour répondre aux défis humanitaires et aux enjeux de développement durable dans la région.
En RDC, comme au Rwanda, les observateurs attendent désormais de voir si cet accord ouvrira enfin la voie à une désescalade durable entre deux voisins longtemps marqués par des tensions frontalières et des conflits armés récurrents, notamment dans l’Est congolais.
CK
