
La conférence nationale sur les infrastructures et les travaux publics en République Démocratique du Congo s’est ouverte dans un climat déjà controversé. Au cœur des tensions : l’absence remarquée de Alain Tshilungu, pourtant principal responsable technique des infrastructures dans la capitale.
Selon plusieurs sources, cette mise à l’écart ne serait pas anodine. Le ministre national des Travaux publics, John Banza, aurait non seulement ignoré son homologue provincial, mais également refusé d’accorder un stand à la ville de Kinshasa, hôte de ces assises d’envergure.
Une décision qui suscite incompréhension et indignation. Capitale du pays et vitrine nationale, Kinshasa fait face à des défis majeurs en matière d’infrastructures : routes dégradées, érosion, urbanisation incontrôlée. Sa mise à l’écart prive les participants d’une lecture concrète des réalités urbaines les plus pressantes du pays.

Un stand d’exposition aurait pourtant permis aux autorités venues de différentes provinces de mieux cerner ces enjeux, tout en favorisant des échanges sur les solutions en cours et les perspectives d’avenir. Mais cette opportunité n’a pas été saisie, renforçant l’impression d’un malaise institutionnel.
Au-delà de la polémique, cet épisode met en lumière une problématique plus profonde : la coordination entre les différents niveaux de gouvernance. Comment prétendre bâtir une politique nationale cohérente sans intégrer pleinement les réalités locales, en particulier celles de la capitale ?
Pourtant, les chiffres présentés récemment par Alain Tshilungu lors du forum PEAK 2026 à l’Université de Kinshasa témoignent d’une activité soutenue :
304 projets engagés au total
302 projets de voiries représentant 468,8 km
105,3 km achevés (22,5 %)
214,1 km en cours (45,7 %)
149,4 km en attente (31,9 %)
Autant d’indicateurs qui illustrent les efforts en cours, mais aussi l’ampleur des défis à relever.
Dans un contexte où les infrastructures constituent un levier essentiel de développement, l’exclusion de Kinshasa de cette tribune nationale soulève une question cruciale : les intérêts de la capitale sont-ils réellement pris en compte dans les décisions stratégiques du pays ?
Rédaction
