Crise entre la RDC et le Rwanda : la diplomatie africaine se mobilise, Obasanjo en éclaireur

Face à l’impasse sécuritaire persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo, les efforts diplomatiques africains montent en puissance. L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, en mission de facilitation pour la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC), a été reçu ce mercredi à Kinshasa par le président Félix Tshisekedi pour un tête-à-tête stratégique de deux heures.

La rencontre, tenue à la Cité de l’Union africaine, intervient alors que les tensions entre Kinshasa et Kigali menacent à nouveau la stabilité régionale. Obasanjo, chevronné dans les initiatives de médiation, conduit une série de consultations sous mandat conjoint de l’EAC et de la SADC, avec l’objectif de restaurer le dialogue entre la RDC et le Rwanda. « Nous examinons toutes les pistes pour prévenir de nouvelles confrontations », a-t-il confié à l’issue de l’entretien.

Avant son escale congolaise, le diplomate nigérian s’était rendu à Kigali pour rencontrer les autorités rwandaises. Prochaine étape : Lomé, où il compte faire rapport au président Faure Gnassingbé, médiateur mandaté par l’Union africaine. Ce passage par la capitale togolaise vise à coordonner les actions des différentes entités impliquées dans le processus de paix, dans une logique d’alignement continental.

Cette mission s’inscrit dans la dynamique enclenchée lors du sommet conjoint EAC-SADC tenu en mars dernier. Cinq anciens chefs d’État africains, issus de différentes régions, y ont été désignés comme médiateurs de haut niveau. L’équipe inclut notamment Uhuru Kenyatta, Catherine Samba-Panza, Kgalema Motlanthe et Sahle-Work Zewde, aux côtés d’Obasanjo. Un dispositif équilibré censé éviter tout biais géopolitique ou linguistique.

Au-delà du continent, les initiatives africaines bénéficient d’un soutien international non négligeable. Washington et Doha ont exprimé leur appui aux efforts en cours, sans toutefois intervenir directement dans les négociations. « Nous apprécions leur soutien », a déclaré Obasanjo, appelant à un partenariat renforcé pour stabiliser la région des Grands Lacs.

CK

par Van Van

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