
À Lubumbashi dans le Haut-Katanga, les embouteillages sont devenus le cauchemar quotidien des habitants. Matins et soirs, les artères principales de la ville sont prises d’assaut par des files interminables de véhicules, dans une cacophonie de klaxons et une épaisse fumée d’échappement. Pollution, perte de temps, stress… la mobilité urbaine est au bord de l’asphyxie.
Face à cette crise, la mairie veut frapper fort. Le maire Patrick Kafwimbi Mumamba a dévoilé, le 12 juin, un projet de réorganisation en profondeur du transport urbain. La solution phare ? Créer des terminaux urbains en périphérie pour éloigner les véhicules de transport public du centre-ville. Objectif : fluidifier la circulation et désengorger les axes névralgiques de la capitale économique du Haut-Katanga.
Accompagné de la Police de Circulation Routière, de la CNPR et de la société Transcom, le maire a dressé un état des lieux alarmant. Des avenues emblématiques comme Sendwe, Likasi ou Djamena ont été passées au peigne fin. Résultat : des routes abîmées, un stationnement anarchique, une circulation désordonnée et une prolifération du transport informel, notamment les « kimbirikites » et les taxis « nteta ».
Mais au-delà du constat, la mairie entend passer à l’action. Un encadrement strict du secteur du transport est annoncé, couplé à des campagnes de sensibilisation et un plaidoyer actif pour obtenir des financements nécessaires à la construction des nouveaux terminaux. Une approche multisectorielle est privilégiée, impliquant institutions, partenaires techniques et la population.
Pour les Lushois, cette réforme pourrait être une bouffée d’air. Mais le scepticisme demeure : les annonces se succèdent, souvent sans véritable suivi. Entre volonté politique et obstacles structurels, la concrétisation du projet reste un défi de taille.
CK
