
L’enlèvement de Martin Kabwelulu, ancien ministre des Mines et figure de proue du Front Commun pour le Congo (FCC), ainsi que de son épouse, dans la nuit du 21 au 22 mai à Kinshasa, ravive les inquiétudes sur l’état des libertés publiques en République démocratique du Congo. Le couple aurait été enlevé à leur domicile par un groupe d’hommes armés non identifiés, selon un communiqué du FCC publié ce jeudi.
Le président de la cellule de crise du FCC, Raymond Tshibanda N’Tungamulongo, a vivement réagi. Il évoque un acte d’une extrême gravité dirigé contre « un couple de personnes âgées », précisant que « quarante hommes armés non identifiés ont fait irruption dans leur résidence à 3 heures du matin et les ont emmenés vers une destination inconnue ». Depuis lors, les téléphones du couple restent injoignables, alimentant les craintes quant à leur sort.
Cet incident survient dans un climat politique déjà tendu, à quelques mois d’échéances électorales sensibles. Pour le FCC, ce n’est pas un cas isolé, mais « le symptôme d’une dérive autoritaire plus large » au sein des institutions. Le parti évoque un climat de répression généralisée contre les voix critiques du régime.
Dans des termes sans équivoque, le FCC accuse le pouvoir en place de mettre en œuvre des méthodes brutales pour étouffer l’opposition. « C’est une preuve du terrorisme d’État qui prévaut désormais dans notre pays », déclare le communiqué, pointant du doigt ce qu’il considère comme des atteintes croissantes à la liberté d’expression et à la sécurité des opposants.
Face à ce qu’il qualifie d’escalade inquiétante, le FCC réclame une action immédiate des autorités. « Le FCC exige la libération immédiate de l’Honorable Martin Kabwelulu et de son épouse », peut-on lire dans le texte. Le parti appelle également la communauté nationale et internationale à s’emparer de cette affaire et à faire pression pour obtenir leur libération.
Enfin, l’organisation politique met en garde contre les conséquences humaines de cette détention. « Il tiendra le pouvoir en place responsable d’éventuelles conséquences que le traitement pour le moins traumatisant réservé à ces deux personnes de troisième âge pourrait avoir sur leur intégrité physique ou leur santé », conclut le communiqué, soulignant l’urgence d’une résolution rapide et transparente de cette affaire.
CK
