« Exclure une élève enceinte, c’est une double punition » : Patrick Muyaya interpelle la société congolaise sur l’inclusion scolaire

La récente mesure du ministère de l’Éducation nationale autorisant les élèves enceintes à poursuivre leur scolarité continue de faire couler beaucoup d’encre en République démocratique du Congo. Face à la polémique, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, est monté au créneau jeudi 17 juillet lors d’un point de presse à Kinshasa, pour défendre cette décision et dénoncer l’attitude de certains segments de la société qu’il qualifie d’« hypocrites ».

Pour Muyaya, cette mesure ne vise pas à banaliser les grossesses en milieu scolaire, mais à garantir le droit fondamental à l’éducation pour toutes les filles, tel que le consacre la Constitution congolaise. « Exclure une élève parce qu’elle est enceinte serait une double punition », a-t-il martelé, soulignant que cette exclusion ne fait qu’accentuer la stigmatisation et les inégalités. Il insiste sur le fait que les causes profondes de ces grossesses doivent être analysées : violences, absence d’éducation sexuelle, silence familial.

S’appuyant sur les données de l’Enquête Démographique et de Santé (EDS), le ministre a rappelé que l’instruction reste un puissant levier contre les grossesses précoces. « Plus les femmes sont éduquées, plus elles ont les moyens de se protéger. L’exclusion scolaire, au contraire, les fragilise davantage », a-t-il affirmé, appelant à des politiques éducatives plus inclusives et à un soutien renforcé des jeunes filles vulnérables.

Le ministre plaide également pour une éducation sexuelle adaptée à l’âge, un dialogue plus ouvert entre les familles, les écoles, les leaders religieux et les jeunes. « La contraception, ce n’est pas un sujet honteux : c’est une question de santé et de responsabilité partagée entre filles et garçons », a-t-il déclaré, en soulignant l’influence croissante des réseaux sociaux dans le comportement des adolescents.

Enfin, Muyaya a appelé à la fin de l’impunité dans les cas de violences sexuelles impliquant des mineures. « Chaque fois qu’une mineure tombe enceinte, il faut chercher qui en est responsable. La justice doit protéger les victimes et punir les agresseurs », a-t-il conclu. Reste désormais à savoir si ces paroles fortes se traduiront en politiques concrètes au profit des milliers de jeunes filles congolaises concernées.

CK

par Van Van

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *