
Le président Félix-Antoine Tshisekedi veut imprimer un tournant décisif dans la crise sécuritaire qui ensanglante l’Est de la République démocratique du Congo depuis plus de deux décennies. C’est le message principal qu’il a fait passer lors de son entretien, ce jeudi 19 juin 2025, avec le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi, à la Cité de l’Union africaine. À en croire ce dernier, le chef de l’État reste convaincu que « la guerre est désormais derrière nous ».
Malgré la persistance des affrontements notamment au Nord-Kivu et dans certaines zones du Sud-Kivu, le ton employé par les autorités traduit une volonté manifeste d’en finir avec ce cycle de violences. Le gouverneur Purusi a salué les performances croissantes des Forces armées de la RDC (FARDC), notamment grâce à la discipline et au soutien des groupes d’autodéfense dits Wazalendo. « Les forces régulières se comportent très bien sur le front », a-t-il affirmé, soulignant l’évolution positive du rapport de force sur le terrain.
Pour le président Tshisekedi, la réponse militaire seule ne suffit plus. Il entend combiner l’action des troupes avec une diplomatie régionale renforcée. Selon le gouverneur du Sud-Kivu, cette dynamique pourrait bientôt déboucher sur un accord de paix entre la RDC et le Rwanda. Une avancée majeure si elle se concrétise, dans un contexte où les accusations de soutien aux groupes armés, comme le M23, continuent d’empoisonner les relations entre Kinshasa et Kigali.
Cette ouverture diplomatique ne signifie pas l’oubli des crimes commis. En réaction à un récent rapport accablant d’Amnesty International sur les violations des droits humains, le gouverneur a annoncé la collecte de preuves pour traduire devant la Cour pénale internationale les auteurs présumés d’atrocités. « Nous constituons des dossiers pour poursuivre les responsables rwandais et leurs complices », a-t-il déclaré avec fermeté.
Le président congolais a également reçu des éloges pour ses efforts en faveur des militaires engagés sur le front. Le gouverneur Purusi a salué les initiatives visant à améliorer leurs conditions de vie et à rendre hommage aux soldats tombés au combat, sans oublier les nombreuses victimes civiles. Un geste fort, qui vise à redonner une part d’humanité dans une région marquée par la souffrance.
CK
