
Dans une province longtemps associée à l’exploitation minière, le Haut-Katanga amorce une nouvelle dynamique axée sur le développement rural à travers la santé animale. Une vaste campagne vétérinaire a été lancée le 20 mai 2025 à Lubumbashi, avec pour objectif de vacciner massivement contre la rage canine, la peste des petits ruminants et l’anthrax. Cette opération marque un tournant stratégique dans la manière d’envisager la relance socio-économique en milieu rural.
Placée sous le haut patronage du président de la République et coordonnée par la Première ministre, l’initiative a été inaugurée lors d’une cérémonie officielle au chapiteau du Gouvernorat de Province. La mobilisation a été forte : élus locaux, partenaires internationaux et représentants de la société civile ont salué un projet qui allie santé publique, sécurité alimentaire et développement territorial.
« Il ne s’agit pas uniquement de vacciner des animaux, c’est un véritable projet de société que nous mettons en marche », a affirmé Georges Mulundule Kadinga, ministre provincial de l’Éducation, soulignant l’importance d’un secteur agropastoral fort pour l’équilibre rural. Il s’est réjoui du lancement de cette campagne dans le Haut-Katanga, qu’il qualifie de « terre d’avenir, au-delà de ses mines ».
Pour Jean-Pierre Tshimanga Bwana, ministre national de l’Élevage et de la Pêche, cette opération est le fruit d’une volonté politique affirmée. « Le soutien du Chef de l’État a permis la mobilisation des ressources nécessaires. C’est un signal fort en faveur de la résilience de notre secteur rural », a-t-il souligné. Il a également insisté sur la richesse du territoire : « Nos terres agricoles, nos troupeaux et nos ressources aquatiques sont des moteurs de croissance que nous devons mieux exploiter. »
La campagne revêt également un enjeu de santé publique, notamment avec la lutte contre la rage canine, une maladie transmissible à l’homme et souvent mortelle dans les zones sans structures médicales adéquates. « Il est urgent de protéger nos populations rurales, et cela passe aussi par la prévention des zoonoses », a insisté un représentant de l’OMS, partenaire de l’initiative.
Enfin, les autorités locales ont été appelées à s’impliquer activement. Maires, bourgmestres et chefs de village devront sensibiliser les communautés pour assurer le succès de cette campagne. « L’approche communautaire est essentielle. C’est avec la population que nous réussirons », a conclu un responsable du programme. Cette action pourrait servir de modèle national pour moderniser le secteur vétérinaire congolais et répondre aux défis du monde rural.
CK
