
En République démocratique du Congo, le climat politique prend une tournure inattendue. Martin Fayulu, longtemps perçu comme l’un des opposants les plus farouches au régime de Félix Tshisekedi, a tendu la main au pouvoir dans une déclaration diffusée sur les réseaux sociaux. Un appel à l’unité qui résonne fortement dans un contexte sécuritaire explosif à l’est du pays, où la rébellion du M23 et les tensions avec le Rwanda font peser de lourdes menaces.
La réaction du gouvernement ne s’est pas fait attendre. Lors d’un point de presse sur la télévision nationale, le porte-parole Patrick Muyaya a salué « un acte de patriotisme » et souligné la nécessité d’aller au-delà des clivages politiques. Pour lui, « il est temps de constituer un bloc des patriotes » face à une crise qui dépasse les querelles de partis. Une déclaration qui laisse entrevoir une volonté d’ouverture inédite du côté du pouvoir.
Du côté de la présidence, le ton est également à l’apaisement. Tina Salama, porte-parole de Félix Tshisekedi, a annoncé la disponibilité du chef de l’État à rencontrer Fayulu, saluant son « engagement pour la cohésion nationale ». Ce geste de la part du président rappelle ses précédents appels à la concertation, notamment celui de février dernier, resté sans suite faute d’interlocuteurs volontaires au sein de l’opposition.
Mais Fayulu ne se contente pas de se rapprocher du pouvoir en place. Dans son intervention vidéo, le leader de l’ECiDé a vertement critiqué l’ancien président Joseph Kabila et Corneille Nangaa, les accusant de collusion avec des forces hostiles au pays. Cette prise de position vise à repositionner Fayulu comme une figure centrale d’union nationale, en opposition aux courants accusés de saboter l’intérêt général.
CK
