« Je serais le premier à voter pour son prix Nobel » : Tshisekedi prêt à soutenir Trump… si la guerre à l’Est prend fin

Alors que les tractations diplomatiques s’intensifient autour d’un accord de paix entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda, prévu ce vendredi 27 juin à Washington, le président Félix Tshisekedi a surpris en évoquant une possible récompense internationale pour l’ex-président américain Donald Trump. Dans une interview exclusive accordée ce jeudi 26 juin à la journaliste Hariana Verás, correspondante à la Maison Blanche, le chef de l’État congolais s’est montré catégorique : la paix mérite reconnaissance.

« Si cette guerre injuste prend fin, une guerre qui a fait des centaines de milliers de morts — certains disent même qu’elle a fait plus de victimes que la Seconde Guerre mondiale — alors, si le président Trump parvient à y mettre fin grâce à sa médiation, il mériterait ce prix Nobel. Je serais le premier à voter pour lui », a-t-il déclaré avec gravité.

Félix Tshisekedi salue ainsi l’implication active de Donald Trump dans le processus de médiation entre Kinshasa et Kigali, soulignant le poids historique de cette initiative. Le président congolais semble voir dans l’ancien locataire de la Maison Blanche un acteur inattendu mais influent, capable de faire bouger les lignes sur un dossier que de nombreuses tentatives de paix ont échoué à résoudre.

Le conflit à l’Est de la RDC, particulièrement dans le Nord-Kivu, oppose depuis plusieurs années les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à la rébellion du M23, soutenue — selon Kinshasa et de nombreux rapports internationaux — par l’armée rwandaise. Tshisekedi ne mâche pas ses mots en parlant d’une « guerre injuste », dont les répercussions humanitaires sont catastrophiques.

La sortie du président congolais intervient alors que le Pakistan a récemment proposé officiellement la candidature de Donald Trump pour le prix Nobel de la paix 2026, saluant notamment son rôle de médiateur dans le dossier indo-pakistanais. Tshisekedi lie désormais cette candidature à la fin possible d’un des conflits les plus meurtriers d’Afrique depuis les années 1990.

Si la déclaration de Félix Tshisekedi étonne, elle s’inscrit dans une logique de diplomatie pragmatique : pour le président congolais, l’objectif ultime reste la paix. Son soutien à une candidature aussi controversée que celle de Trump s’explique donc par l’urgence humanitaire et politique de la situation à l’Est.

CK

par Van Van

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