Lutte contre la malnutrition : la RDC parie sur les cantines scolaires pour sauver l’école publique.

Face à un taux alarmant de malnutrition chronique touchant 43 % des enfants de moins de cinq ans, la République démocratique du Congo lance un vaste programme de cantines scolaires dans les écoles publiques dès la rentrée de septembre 2025. L’objectif : améliorer l’état nutritionnel des élèves pour favoriser leur assiduité et leur réussite scolaire.

Une démarche que la ministre de l’Éducation nationale, Raïssa Malu, qualifie de « tournant décisif pour l’école congolaise ».Cette stratégie nationale d’alimentation scolaire, élaborée avec le soutien du Programme Alimentaire Mondial (PAM), a été validée lors d’un atelier interministériel organisé à Kinshasa. Pour Guillaume Korogo, directeur de l’éducation à la vie courante, cette réunion a été déterminante : « Cet atelier a été essentiel pour assurer l’appropriation institutionnelle de la stratégie. » Il précise que la phase pilote concernera les écoles publiques, avant une éventuelle extension aux établissements privés.

L’initiative s’appuie sur un partenariat technique avec le PAM, engagé depuis plusieurs années dans la promotion des repas scolaires en Afrique. « Le document stratégique est prêt, mais nécessite encore un aval politique définitif », indique Nafiou Issiaka, chef du programme des cantines scolaires au sein du PAM. « Le PAM est engagé à accompagner techniquement le gouvernement, et à œuvrer conjointement avec le ministère pour mobiliser des ressources. »Concrètement, le programme prévoit bien plus que la simple distribution de repas. Il s’agira également d’installer des potagers scolaires, de créer des infirmeries dans les établissements et de diversifier les repas servis aux enfants. Une ligne budgétaire spécifique devrait être inscrite au budget national dès 2026. Ces mesures visent à inscrire l’alimentation scolaire dans une logique de durabilité et d’intégration aux politiques éducatives et sanitaires.

La situation actuelle dans les écoles reste préoccupante : de nombreux élèves ne mangent pas à leur faim et peinent à suivre les cours. « Un enfant affamé ne peut pas apprendre », résume Raïssa Malu. Elle insiste sur l’impact direct de la nutrition sur la concentration, la mémorisation et la performance scolaire, des aspects souvent négligés dans les politiques éducatives classiques.

Ce programme s’inscrit dans la continuité des engagements pris par la RDC lors des sommets internationaux de la School Meals Coalition, notamment à Paris en 2021 et Dakar en 2023. Il répond aussi à l’appel lancé par le président de la République lors du Conseil des ministres du 20 octobre 2023 : « renforcer la concentration et la réussite des élèves » à travers une alimentation scolaire accessible, durable et bien intégrée au système national.

CK

par Van Van

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