Mines en RDC : Joseph Kazibaziba prône le passage à une exploitation structurée et traçable

Dans un entretien accordé à Forbes Afrique, Joseph Kazibaziba, Directeur général de l’entreprise publique DRC Gold Trading SA et vice-président de la Fédération des entreprises du Congo (FEC), dresse un état des lieux sans concession du secteur minier congolais. Pour ce fin connaisseur, la République Démocratique du Congo est à un tournant majeur de sa politique extractive. L’enjeu est clair : migrer de l’artisanat minier souvent informel vers une exploitation à petite échelle, organisée et bénéfique tant pour l’État que pour les communautés locales, tout en renforçant la transformation industrielle déjà bien entamée dans les filières du cuivre et du cobalt.

​Le succès de cette mutation est particulièrement visible dans la filière aurifère. Sous l’impulsion du Président Félix-Antoine Tshisekedi, la création de DRC Gold Trading a radicalement changé la donne. Alors que le pays peinait autrefois à exporter plus de 25 kilogrammes d’or par an, l’entreprise publique a réussi à canaliser plus de 10 tonnes d’or en moins de trois ans. Ce bond spectaculaire, qui représente des centaines de millions de dollars rapatriés dans le circuit officiel, a permis d’assainir la chaîne d’approvisionnement et de restaurer la crédibilité de la RDC sur les marchés internationaux grâce à une traçabilité accrue.

Toutefois, le tableau reste contrasté, notamment dans l’Est du pays. Joseph Kazibaziba souligne les difficultés persistantes autour des minerais stannifères (cassitérite, coltan, wolframite). Le coltan, en particulier, demeure au cœur de tensions sécuritaires et de circuits illicites, accentués par la perte de contrôle de zones stratégiques comme le gisement de Rubaya. Malgré ces zones d’ombre, le secteur minier confirme sa place de pilier du budget national, soutenu par des acteurs locaux dynamiques, à l’instar du groupe CGX Minerals qui s’impose désormais parmi les principaux exportateurs de minerais stannifères.

Pour l’avenir, le patron de DRC Gold Trading identifie le déficit énergétique et le manque d’infrastructures comme les principaux freins à l’industrialisation. Loin de s’en alarmer, il invite les investisseurs à y voir des opportunités majeures. Selon lui, une économie minière forte, couplée à une transformation locale systématique, créera un écosystème capable de stabiliser le pays. En générant des activités connexes dans les transports et les services, le secteur minier ne doit plus être une simple enclave extractive, mais le véritable moteur du développement durable et social de la nation.

Rédaction

par Van Van

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