
Six mois après la prise de contrôle de Goma par le groupe rebelle M23-AFC, la ville est confrontée à une crise majeure liée aux atteintes aux droits de propriété. De nombreux biens appartenant à des personnalités politiques et à des agents publics sont aujourd’hui occupés de force, exacerbant les tensions déjà fortes dans cette région instable du Nord-Kivu.
Parmi les victimes de ces réquisitions forcées figure le député national Ayobangira Safari, élu de Masisi. Dans une déclaration publique le 24 juin, il dénonce fermement l’occupation illégale de sa résidence : « Ma maison a été occupée de force par les éléments du M23-AFC. » Il qualifie cet acte d’« infraction criminelle » et souligne que cette pratique devient « généralisée dans les zones sous contrôle rebelle », mettant en lumière l’ampleur du phénomène.
Cette confiscation des biens immobiliers ne touche pas uniquement les particuliers, mais aussi les infrastructures publiques. Les organisations de défense des droits humains alertent sur une appropriation illégale systématique, visant notamment les maisons et bâtiments appartenant à des responsables politiques, des fonctionnaires ou des membres des services de sécurité qui ont fui la ville par crainte des violences.
Les conséquences de ces expropriations sont multiples. Au-delà de la violation des droits fondamentaux, elles alimentent un climat d’insécurité et de méfiance qui fragilise davantage la cohésion sociale et la gouvernance locale. La population civile, souvent prise en étau, subit les répercussions directes de ces tensions qui compromettent les perspectives de retour à la paix et à la stabilité dans la région.
CK
