
L’opposant congolais Delly Sesanga Hipungu est monté au créneau dans un discours au ton particulièrement incisif, s’attaquant frontalement au président Félix Tshisekedi à 946 jours de la fin de son second et dernier mandat. Dans une sortie politique remarquée, il a dressé un réquisitoire sévère contre la gestion du pays.
Sur le plan économique, Sesanga dépeint une situation préoccupante.
Il évoque une explosion de la masse salariale de la fonction publique, passée de 450 à 1 000 milliards de francs congolais mensuels depuis la réélection de 2023. Il fustige également le recours répété aux procédures d’urgence, qu’il accuse de court-circuiter les mécanismes classiques de la dépense publique.
À cela s’ajoute, selon lui, une dette nationale désormais supérieure à 13 milliards de dollars, révélatrice d’un déséquilibre budgétttftaire grandissant.
Sur le terrain sécuritaire, l’opposant condamne fermement ce qu’il qualifie d’agression du Rwanda contre la République démocratique du Congo et exige le retrait de toutes les forces étrangères présentes sur le sol congolais.
Toutefois, il met en garde contre toute instrumentalisation de cette crise par le pouvoir, refusant qu’elle serve de justification aux insuffisances constatées. Il questionne notamment l’utilisation des 13,65 milliards de dollars alloués à la défense depuis 2019, au regard d’une situation sécuritaire qu’il juge toujours critique.
Mais c’est sur la question de la révision constitutionnelle que le ton se durcit davantage.
Delly Sesanga Hipungu qualifie toute tentative en ce sens de « haute trahison », s’appuyant sur l’article 64 de la Constitution, qui autorise les citoyens à s’opposer à tout exercice du pouvoir contraire à la loi fondamentale.
En conclusion, il appelle à une large mobilisation, invitant l’opposition, la société civile et même certains membres de l’Union sacrée à se rassembler pour défendre la Constitution, en prélude aux élections de 2028.
Dans un climat politique de plus en plus tendu, cette sortie de Sesanga illustre la montée des crispations autour des enjeux de gouvernance, de sécurité et du respect de l’ordre constitutionnel en RDC.
Marlaine KANKU
