
Détenu depuis 154 jours, l’ancien ministre de la Justice et figure de « l’opposition républicaine », Constant Mutamba, sort de son mutisme. Dans un message aux allures de manifeste politique, il fixe ses lignes rouges pour tout futur dialogue national, refusant de servir de caution à ce qu’il qualifie de « comédie opportuniste ».
C’est un texte empreint de gravité et de défi qui a filtré des murs de sa prison à Kinshasa. Constant Mutamba, qui se présente désormais comme l’un des visages les plus « brimés par le système », ne ferme pas la porte au dialogue, mais il en exige les clés : la sincérité et la justice.
La « ligne rouge » : Pas de partage de gâteau
Pour Mutamba, le dialogue ne doit en aucun cas devenir une « blanchisserie » pour les mouvements rebelles ou un simple terrain de partage de pouvoir. Pour l’opposant, le pays, 66 ans après son indépendance, n’a plus le luxe de l’amateurisme. Ses exigences sont claires et structurées :
Décrispation politique : Libération des opposants et leaders d’opinion non armés.
Sécurité des exilés : Des garanties fermes pour le retour des figures politiques vivant à l’étranger.
Bonne foi : Une conduite transparente du processus national.
Un sacrifice assumé contre « le système »
L’ancien ministre ne mâche pas ses mots sur sa situation personnelle. Affirmant avoir subi arrestations illégales, humiliations et tortures physiques comme morales, il justifie son maintien sur le sol congolais par un « patriotisme pur », rejetant catégoriquement l’exil ou la lutte armée.
« Je suis privé de ma liberté pour avoir dit NON au système mafieux et à l’agression rwandaise contre la RDC », martèle-t-il.
Un front de l’opposition pacifique
En citant des figures telles que Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et Adolphe Muzito, Mutamba tente de dessiner les contours d’une opposition pacifique et cohérente. Pour lui, la légitimité du dialogue passera par le respect de ces acteurs qui, malgré les divergences, refusent de prendre les armes contre la République.
Alors que le climat politique reste sous haute tension, cette prise de position rappelle que, même derrière les barreaux, la voix de Constant Mutamba entend peser lourdement sur l’échiquier national.
Rédaction
