
L’étau judiciaire se resserre autour de Constant Mutamba. Convoqué ce mardi 3 juin à la Cour de cassation, le ministre congolais de la Justice a été convoqué dans le cadre d’une enquête sur un présumé détournement de fonds publics liés à la construction d’une prison à Kisangani. Une affaire à forte résonance politique qui met à mal la stabilité du gouvernement.
À la sortie de cette première de cette convocation Mutamba est reparti libre, mais devra se représenter devant les juges le vendredi 6 juin à 10h, selon une nouvelle convocation officielle. Ce sursis temporaire ne dissipe pas l’ombre de soupçons qui plane sur lui : près de 19 millions de dollars auraient été détournés dans le cadre d’un contrat de gré à gré, selon le Parquet général. Le procureur Firmin Mvonde a déjà transmis un réquisitoire à l’Assemblée nationale, dénonçant des irrégularités majeures dans les marchés publics et mettant en cause directement le ministre.
Mutamba, lui, rejette catégoriquement toute responsabilité. Il se dit victime d’un « acharnement politique » motivé par ses différends avec la Première ministre. « C’est une cabale destinée à me salir », a-t-il laissé entendre. Devant les députés, il a toutefois reconnu des « erreurs administratives » et présenté ses excuses, sans pour autant convaincre. L’Assemblée nationale a autorisé les poursuites judiciaires, laissant désormais la justice suivre son cours.
Malgré ce scandale retentissant, Mutamba conserve à ce stade son portefeuille ministériel. À sa sortie du Parquet général, il a été acclamé par plusieurs dizaines de partisans, mobilisés pour lui témoigner leur soutien. Une scène contrastée avec la gravité des accusations pesant sur lui, mais révélatrice des tensions politiques sous-jacentes.
L’audition de vendredi sera déterminante. En attendant, c’est tout un pan de l’exécutif congolais qui retient son souffle.
