RDC : la Justice amorce une nouvelle ère avec une première vague de libérations conditionnelles

La réforme pénitentiaire annoncée depuis plusieurs semaines a commencé à se concrétiser ce lundi 1ᵉʳ décembre 2025. En supervisant personnellement la libération conditionnelle de plusieurs dizaines de détenus, dont 61 au sein de la Prison Centrale de Makala, le Ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, a voulu envoyer un signal fort : celui d’une gestion plus rigoureuse, plus humaine et plus conforme aux principes de droit. Une démarche qui s’inscrit dans sa volonté affichée d’assainir la gouvernance carcérale dès son entrée en fonction.

Dès son arrivée tôt dans la matinée, le Ministre a rappelé à l’administration pénitentiaire que les pratiques du passé ne devront plus se répéter. Il a exhorté les responsables du centre à renforcer la discipline et à appliquer strictement les règles de gestion des détenus, évoquant le contexte sécuritaire sensible du pays. Ce positionnement ferme s’accompagne d’un acte concret : la remise en main propre des documents de libération conditionnelle, signe d’une reprise en main personnelle d’un secteur longtemps critiqué pour ses défaillances.

La sélection des détenus libérés n’a pas été improvisée. Elle répond à un processus légal mené par la direction de Makala, fondé sur trois critères essentiels : la progression dans la peine, le comportement observé pendant la détention et l’éligibilité juridique à une mesure d’aménagement de peine. Cette transparence revendiquée vise à restaurer la crédibilité d’un système souvent contesté et à installer un climat d’espoir parmi les personnes encore incarcérées.

Parmi les bénéficiaires, le cas du septuagénaire Selema Thomas a particulièrement attiré l’attention. Libéré après avoir affirmé être victime d’une détention abusive visant la spoliation de sa parcelle, il a demandé au Ministère de la Justice la réouverture de son dossier. Ce témoignage illustre les défis que souhaite relever la nouvelle administration : combattre les abus de pouvoir, réhabiliter les victimes et replacer les droits humains au cœur de la politique pénitentiaire. Cette première vague de libérations ouvre ainsi la voie à une réforme plus large, appelée à redéfinir durablement la gestion des établissements carcéraux en RDC.

CK

par Van Van

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