
Le rapport annuel 2025-2026 de la Commission électorale nationale indépendante dresse un constat préoccupant sur l’avenir du processus électoral en République démocratique du Congo. Selon ce document, les conditions actuelles ne permettent pas d’envisager sereinement la tenue des élections prévues en 2028, en raison de multiples contraintes qui entravent la préparation du prochain cycle électoral.
Parmi les principaux obstacles évoqués figurent des difficultés financières majeures. La CENI indique que le budget alloué à ses activités a été exécuté à moins de 50 %, limitant considérablement sa capacité à planifier et déployer les opérations nécessaires. Ce sous-financement compromet notamment l’acquisition du matériel, la formation du personnel électoral et la logistique indispensable à l’organisation des scrutins.
À ces contraintes budgétaires s’ajoutent des incidents matériels préoccupants. L’institution rapporte qu’un incendie survenu en novembre 2025 a détruit une partie importante du matériel électoral, aggravant davantage les retards. Par ailleurs, des cas de vols et de pillages ont été signalés dans 18 provinces, affectant directement les infrastructures et les équipements électoraux.
La situation sécuritaire demeure également un facteur critique. Dans l’est du pays, les violences persistantes rendent difficile, voire impossible, le déploiement des équipes électorales et la sécurisation des opérations de vote. Cette instabilité continue de peser lourdement sur les perspectives d’organisation d’élections inclusives et transparentes dans les délais constitutionnels.
Face à l’ensemble de ces défis, la tenue des élections en 2028 apparaît fortement compromise. Le rapport de la CENI appelle implicitement à une mobilisation accrue des autorités et des partenaires pour lever ces contraintes. Sans mesures urgentes et coordonnées, le calendrier électoral risque de connaître un nouveau report, alimentant les inquiétudes quant à la consolidation du processus démocratique en RDC.
Héritier Mutuza
