
Le président Félix Tshisekedi poursuit ses manœuvres en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale. Après Martin Fayulu, c’est Adolphe Muzito, ancien Premier ministre et président du parti Nouvel Élan, qui a été reçu ce mercredi 2 juillet à la Cité de l’Union africaine. Cette entrevue à huis clos de plus de deux heures témoigne de la volonté du chef de l’État de rassembler au-delà de son camp, alors que le climat politique reste tendu, à la suite des derniers développements sécuritaires dans l’est du pays.
Au centre des discussions : la mise en œuvre de l’accord de paix signé récemment avec le Rwanda et les contours du futur exécutif. Muzito, connu pour ses positions souverainistes, a salué les efforts présidentiels en matière de gouvernance économique, notamment la volonté affichée d’encadrer strictement l’exploitation minière par des partenariats contrôlés par l’État congolais. Une orientation qui semble rallier certains segments de l’opposition à la stratégie actuelle du pouvoir.
Si le dossier du dialogue national a été abordé, Adolphe Muzito s’est montré mesuré. Évitant de s’aligner pleinement, il a estimé que la décision d’organiser ou non de telles assises appartenait exclusivement au président de la République. Une posture à la fois respectueuse et stratégique, qui confirme sa disponibilité à accompagner un processus politique sans pour autant se fondre entièrement dans la majorité en place.
Ce tête-à-tête s’inscrit dans une dynamique de recomposition politique plus large. Déjà reçu en avril par un proche conseiller présidentiel, Muzito avait alors exprimé sa volonté de contribuer à une sortie de crise. Sa participation directe aux consultations de ce 2 juillet montre que Félix Tshisekedi cherche à élargir sa base d’appui à des figures de poids, en vue de bâtir un consensus national autour des grandes priorités sécuritaires et économiques.
CK
