
Huit nouveaux bateaux de pêche, construits en Égypte, font route vers la République démocratique du Congo. Attendus dans les prochains jours au port de Boma, dans la province du Kongo-Central, ces navires symbolisent la relance d’un secteur halieutique stratégique, dans un pays aux vastes ressources aquatiques longtemps sous-exploitées.
Composée de trois chalutiers pour la pêche maritime et de cinq bateaux destinés aux eaux fluviales, cette flotte marque une avancée concrète dans la stratégie nationale de sécurité alimentaire. Le ministre de la Pêche et d’Élevage, Jean-Pierre Tshimanga Bwana, a confirmé leur rapatriement ce vendredi 28 juin, à l’issue du Conseil des ministres, en soulignant leur rôle déterminant dans le renforcement des capacités de pêche du pays.
Le projet est né d’un partenariat signé en 2023 entre le gouvernement congolais et la société égyptienne PYRIAN, constructeur naval associé aux établissements Yetu. Grâce à cette coopération public-privé, la construction des navires s’est déroulée dans des délais serrés, dans les chantiers navals de Diamietta, en Égypte. Les autorités congolaises y voient un signal fort de relance industrielle et de coopération régionale.
Partie le 5 juin, la flotte a déjà marqué une escale technique à Nouadhibou, en Mauritanie, pour un ravitaillement en carburant. Le ministère de la Pêche assure un suivi rigoureux du trajet, grâce à un système de géolocalisation en temps réel. « Le ministre suit quotidiennement par GPS les mouvements de cette flotte en mer », indique le compte rendu du Conseil des ministres.
Sur le plan logistique, les autorités locales du Kongo-Central se préparent à accueillir les navires au port de Boma, actuellement en cours de modernisation. Des mesures sont prévues pour leur accostage, leur gardiennage et leur inspection avant leur déploiement effectif sur les eaux nationales. Cette étape est cruciale avant l’exploitation commerciale et le renforcement de l’offre halieutique sur les marchés congolais.
Ce projet, salué par le gouvernement, survient dans un contexte de pressions croissantes sur la sécurité alimentaire. Il illustre la volonté de Kinshasa de valoriser ses ressources halieutiques à travers des investissements ciblés. En dépit des nombreux obstacles techniques et administratifs rencontrés, la réussite de cette opération témoigne d’une meilleure coordination entre les institutions et d’une nouvelle dynamique dans la gouvernance du secteur.
CK
