Révision constitutionnelle en RDC : Mbata recadre Bahati et lance une phrase choc — « Les masques tombent enfin »

Le débat autour de la révision de la Constitution en République démocratique du Congo prend une tournure de plus en plus politique.

À l’origine de cette nouvelle séquence : la déclaration du 2ᵉ vice-président du Sénat, Modeste Bahati Lukwebo, qui a affirmé lors d’un point de presse que « le pays n’a pas un problème de textes, mais un problème d’hommes », tout en s’opposant clairement à toute initiative de révision constitutionnelle.

Une sortie médiatique qui n’a pas tardé à susciter des réactions, notamment celle du professeur André Mbata Betukumesu Mangu, secrétaire permanent de l’Union sacrée de la Nation et initiateur du colloque scientifique tenu le 18 février dernier au Palais du Peuple.

Lors de ces assises académiques, le professeur Évariste Boshab avait évoqué, sur un plan strictement scientifique, la possibilité d’une évolution constitutionnelle, dix-sept ans après l’adoption de la Constitution actuelle.

« Problème d’hommes » : une déclaration qui interroge


En soutenant que la RDC souffrirait d’un « problème d’hommes » plutôt que de textes, Modeste Bahati Lukwebo a ouvert un débat politique aux implications profondes.
Car une question surgit immédiatement :

qui sont ces “hommes” qui constitueraient le problème du pays ?

S’agit-il des membres du Présidium de l’Union sacrée ?

Des membres du gouvernement ?

Des députés nationaux ?

Des sénateurs ?

Ou encore de la Haute Autorité politique de l’Union sacrée ?

Et surtout : le deuxième vice-président du Sénat lui-même, membre du Présidium, se considère-t-il en dehors de cette catégorie qu’il critique ?

C’est précisément cette interrogation que le professeur André Mbata a soulevée avec fermeté :

« Problème d’hommes ?

Les membres du Présidium, les membres du Gouvernement, les Députés nationaux, les Sénateurs et la Haute Autorité Politique de l’Union sacrée de la Nation sont-ils au nombre de ces hommes qui seraient le problème du pays ? Les masques tombent enfin. »

« Les masques tombent » : une phrase lourde de sens
Avec cette formule percutante, André Mbata ne se contente pas de répondre. Il interpelle et renvoie chacun à sa responsabilité politique.

Car dans un système institutionnel, les textes ne prennent vie que par les femmes et les hommes chargés de les appliquer. Si la RDC connaît un « problème d’hommes », comme l’affirme Bahati Lukwebo, alors cette responsabilité concerne nécessairement ceux qui occupent les plus hautes fonctions de l’État.

Pour plusieurs observateurs, cette séquence politique révèle des tensions internes et oblige désormais chaque acteur à clarifier sa position dans le débat sur l’avenir institutionnel du pays.

Un débat qui dépasse le cadre juridique

Au-delà de la polémique, le professeur André Mbata insiste sur la nature scientifique de la réflexion engagée lors du colloque sur la Constitution. L’objectif, selon lui, n’était pas d’imposer une orientation politique, mais d’ouvrir une réflexion académique sur l’évolution des normes fondamentales, pratique courante dans de nombreux États.

En ramenant le débat sur le terrain de la cohérence institutionnelle et de la responsabilité politique, le secrétaire permanent de l’Union sacrée se positionne comme l’un des principaux défenseurs d’une approche rigoureuse et argumentée de la question constitutionnelle.

Un test de cohérence politique

Dans un contexte où chaque déclaration publique est scrutée, le débat sur la Constitution s’impose désormais comme un véritable test de cohérence politique pour les acteurs de la majorité.

Les positions se précisent.
Les responsabilités se dévoilent.
Et, comme l’a résumé André Mbata dans une phrase qui résonne déjà dans le débat public :

Van MUTUNGILA

par Van Van

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