UKA : L’Abbé Élie Mulomba prend les rênes d’une institution orpheline d’un leadership et rendue mortifère par Josephine Bitota [ Tribune de Henry Ngindu]

L’Université Notre-Dame du Kasaï (UKA) ouvre un nouveau chapitre de son histoire avec la nomination de l’Abbé Professeur Élie Mulomba au poste de Recteur. Officialisée ce vendredi 8 mai par Mgr Félicien Ntambue Kasembe, cette décision de l’Assemblée Épiscopale Provinciale de Kananga (ASSEPKA) met fin à une période de transition marquée par de vives tensions. Prêtre de l’Archidiocèse de Kananga et universitaire rigoureux, le nouveau Recteur hérite d’une institution prestigieuse mais fragilisée, avec la lourde mission de restaurer une viabilité académique et administrative compromise ces cinq dernières années.

Le départ de la Professeure Joséphine Bitota intervient dans un climat de polémique où son bilan fait l’objet de critiques acerbes. Bien qu’elle ait vigoureusement nié toute malversation, invitant même ses détracteurs à diligenter un audit externe pour prouver d’éventuels détournements, le constat reste amer : sous sa direction, l’UKA a vu ses subventions et dons extérieurs se tarir drastiquement. Si la rectrice sortante se targuait de maintenir l’université à flot malgré l’asphyxie financière, cette résilience apparente n’a pas suffi à masquer un essoufflement structurel que l’Église a jugé nécessaire de stopper.

Sur le plan administratif, la gestion de Madame Bitota laisse un héritage contrasté, oscillant entre modernisation technique et irrégularités procédurales. Si l’informatisation du système financier et le reboisement du site sont à mettre à son crédit, de sérieuses zones d’ombre persistent, notamment concernant la promotion fulgurante de certains cadres. Le passage au grade de Chef de Travaux pour des assistants ayant à peine deux ans d’exercice, au mépris des délais légaux de l’ESU, a alimenté les accusations de clientélisme et jeté un doute sur la rigueur des réformes entreprises sous son mandat.

Face à ces défis, l’Abbé Élie Mulomba est désormais attendu au tournant pour redresser la barre. Réputé pour son intégrité, il devra transformer les « innovations » souvent jugées superficielles de sa prédécesseure en une véritable culture de l’excellence et de la transparence. Alors que le projet de la nouvelle faculté de communication et de culture peine à s’ancrer dans une dynamique de croissance réelle, le nouveau Recteur a la responsabilité de réconcilier l’institution avec ses partenaires financiers et de mettre fin aux pratiques dénoncées par ceux qui voient en ce changement de garde le salut de l’UKA.

Henry Ngindu, Journaliste, Écrivain ,Monsieur le Sapiteur.

par Van Van

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