
Dans une déclaration inattendue faite ce vendredi 23 mai, l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a apporté son soutien au Pacte social pour la paix, une initiative conjointe de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC). Cette prise de position marque un tournant important dans le paysage politique congolais, notamment par son rapprochement avec des figures de l’opposition.
« Une démarche imparfaite, mais salutaire, qui mérite d’être soutenue et enrichie par tous les Congolais », a affirmé Joseph Kabila dans sa déclaration solennelle à la nation. Ces mots traduisent un soutien mesuré mais clair à cette initiative qui vise à réconcilier les forces politiques et sociales autour d’un projet commun de paix et de stabilité pour le pays.
Plus marquant encore, Joseph Kabila a reconnu et salué le rôle de figures de l’opposition comme Moïse Katumbi, Martin Fayulu et Delly Sesanga, qui ont eux aussi appuyé le Pacte social. Un geste rare de la part de l’ancien chef de l’État, traditionnellement discret depuis la fin de son mandat, et souvent perçu comme distant vis-à-vis des opposants politiques.
Ce rapprochement entre Kabila et des opposants historiques pourrait ouvrir une nouvelle ère de dialogue politique en RDC, dans un contexte de tensions persistantes et de méfiance entre les camps politiques. Le soutien de Kabila pourrait également renforcer la légitimité de la démarche initiée par les confessions religieuses, qui peinent parfois à rallier l’ensemble des acteurs politiques.
La déclaration de l’ancien président intervient alors que la RDC fait face à des défis sécuritaires majeurs à l’Est, des tensions postélectorales et une crise de confiance entre institutions. Le Pacte social proposé par la CENCO et l’ECC ambitionne de poser les bases d’un nouveau contrat politique et citoyen centré sur la paix, la justice et la réconciliation nationale.
CK
