
Depuis le Vatican, où il participait aux préparatifs de la COP30, le cardinal Fridolin Ambongo a dénoncé ce jeudi 10 juillet ce qu’il considère comme une mascarade diplomatique. Il s’est insurgé contre l’accord de paix récemment signé à Washington entre la République démocratique du Congo et le Rwanda sous l’égide de l’ancien président américain Donald Trump. Pour le prélat, cet arrangement masque mal des ambitions économiques étrangères et reste déconnecté des réalités vécues par les populations de l’Est congolais.
Le haut dignitaire catholique n’a pas mâché ses mots, fustigeant une « approche néocoloniale » qui, selon lui, perpétue les souffrances des habitants du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Il critique un schéma où des puissances imposent des solutions sur fond d’exploitation minière, en échange d’une fragile réconciliation diplomatique. « Ce type d’accords, qui ignore les aspirations des communautés locales, ne fera que prolonger l’insécurité », a déclaré Ambongo, appelant à une véritable écoute des populations affectées.
L’accord signé le 27 juin dernier fait notamment l’impasse sur la question du M23, groupe rebelle soutenu par Kigali selon plusieurs rapports onusiens, mais impose en contrepartie à Kinshasa de neutraliser les FDLR. Ce déséquilibre est perçu par de nombreuses voix congolaises comme un chèque en blanc accordé au Rwanda, sans garanties concrètes sur la cessation de son implication présumée dans la déstabilisation de l’Est de la RDC.
Alors que les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame doivent encore finaliser cet accord à la Maison Blanche dans les semaines à venir, plusieurs acteurs politiques et religieux appellent les États-Unis à faire pression sur Kigali pour des engagements clairs. Sans cela, préviennent-ils, ce traité risque de rejoindre la longue liste des accords sans lendemain dans la région des Grands Lacs.
CK
