
Le complexe scolaire Kiwele de Lubumbashi a vibré, ce dimanche 12 avril, au rythme de la clôture du Festival Amani. Délocalisé de Goma en raison de la situation sécuritaire dans l’Est, cet événement majeur a tenu son pari de célébrer « la paix et la cohésion sociale ». La scène a vu défiler une constellation de stars, du rappeur Youssoufa à la légende de la rumba Ferre Gola, avant que la jeune icône Innocent Balume ne vienne sceller cette communion artistique. Pour les festivaliers présents, à l’instar de Jeanny MunyongaMayi, ces instants de partage ont offert une parenthèse d’émotion et de fraternité rare, marquée par la proximité inédite entre les artistes internationaux et le public local.
Toutefois, cette première expérience en terre lushoise a révélé un contraste frappant avec l’effervescence habituelle du Nord-Kivu. Certains habitués, comme l’exposant Emmanuel Zinga, ont noté une affluence plus « timide » par rapport aux éditions de Goma, où la foule sature traditionnellement l’espace. Cette réserve s’expliquerait en partie par des débats sur les réseaux sociaux concernant les motivations financières de l’événement, bien que les acteurs culturels locaux aient défendu la nécessité vitale de pérenniser le message de paix porté par le festival, au-delà des polémiques.

Malgré ces défis d’adaptation, le bilan global ouvre la voie à de nouvelles perspectives pour l’avenir de la manifestation. Guillaume Bisimwa, fondateur du Festival Amani, a d’ores et déjà évoqué la possibilité d’un retour à Lubumbashi pour l’année prochaine, signe d’une volonté d’ancrer durablement ce rendez-vous dans le paysage culturel de la province du Haut-Katanga. Entre résilience face à la guerre et quête d’unité nationale, le festival confirme son rôle de pont culturel indispensable entre les différentes régions de la République Démocratique du Congo.
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