
La récente dépréciation du franc congolais continue de susciter des réactions au sein de la classe politique du Haut-Katanga. La députée provinciale Benatar Chilufya Mathilda, présidente de la commission provinciale de l’emploi et de la prévoyance sociale, a vigoureusement dénoncé, ce mardi à Lubumbashi, la décision de la Banque centrale du Congo (BCC) d’ajuster brutalement le taux de change, qu’elle qualifie de « décision irresponsable et déconnectée de la réalité sociale ». Selon l’élue de la circonscription de Lubumbashi, cette mesure a provoqué une perte massive du pouvoir d’achat des ménages et risque d’aggraver la précarité dans la province.
« Le gouverneur de la Banque centrale a vidé les poches des Congolais sans prévenir. En une seule journée, le Haut-Katanga a perdu plus de 35 % de son pouvoir d’achat », a-t-elle déclaré, aux côtés du conseiller technique Jean Bosco Kaumba et de Patient Liya. Pour la députée, cette chute brutale du taux de change constitue « un véritable crime économique » qui compromet la stabilité sociale et contredit la promesse du gouvernement de placer « le peuple d’abord ».
Benatar Chilufya rappelle que le tissu économique congolais dépend largement des importations, notamment dans une province comme le Haut-Katanga, où la majorité des produits de consommation proviennent de l’étranger. « Quand la monnaie nationale s’effondre, c’est toute la population qui s’écroule avec elle », a-t-elle averti, estimant que la flambée des prix qui en découle pourrait entraîner une crise alimentaire et une montée de l’insécurité. Elle appelle les autorités monétaires à reconsidérer leur approche et à impliquer davantage les acteurs économiques dans les décisions qui touchent directement la vie des citoyens.
Tout en plaidant pour une politique de relance axée sur la production locale et les exportations, la députée provinciale invite la population à une prise de conscience collective pour soutenir la monnaie nationale. « Je ferai sonner le vuvuzela pour alerter sur le danger. Le franc congolais ne se relèvera que si nous produisons ce que nous consommons », a-t-elle conclu, réaffirmant son engagement à défendre les intérêts sociaux et économiques des Katangais face à cette crise qu’elle juge « évitable et injuste ».
Cedrick Katay
