Justice réparatrice en RDC : un tournant historique pour les victimes, selon Tshisekedi

La République Démocratique du Congo a franchi une étape importante ce mardi 1er juillet 2025 avec l’ouverture du Forum national sur le droit à la réparation. Dans une cérémonie solennelle au Centre culturel et artistique des pays d’Afrique centrale (CCAPAC), le président Félix-Antoine Tshisekedi, accompagné de la Première Dame Denise Nyakeru, a lancé les travaux de ce forum, organisé par le Fonds national de réparation des victimes (FONAREV) en collaboration avec le ministère des Droits humains. L’événement s’inscrit dans le prolongement de l’Accord de paix de Washington, signé récemment avec le Rwanda.

Dans son discours, le chef de l’État a donné une dimension historique à cette initiative, en la présentant comme une rupture avec l’impunité et l’oubli. « Ce Forum national sur la mise en œuvre du droit à la réparation n’est pas un rendez-vous ordinaire : il marque une rupture décisive avec l’oubli, l’indifférence et l’impuissance », a déclaré Félix Tshisekedi. Pour lui, la reconnaissance des souffrances vécues par les victimes est essentielle à la reconstruction du pays.

Le Forum vise avant tout à mettre en œuvre une stratégie nationale de réparation, dans un pays où des millions de personnes ont été affectées par des conflits armés et des violences de masse. En évoquant les crimes économiques regroupés sous le terme de Genocost, le président a martelé : « La République Démocratique du Congo ne pourra se reconstruire sur des blessures ignorées. La réparation n’est ni une faveur ni un acte d’assistance : elle est un devoir de justice. » Il a insisté sur la nécessité de bâtir un avenir qui exclut la répétition des atrocités passées.

Des acteurs clés de la politique de réparation ont pris la parole, notamment Patrick Fata, directeur général du FONAREV, qui a salué un moment de reconnaissance collective : « Réparer, c’est aussi et surtout reconnaître ; c’est reconstruire des vies, des communautés, des liens sociaux brisés. » La ministre des Droits humains, Chambu Mwavita, a pour sa part souligné l’importance de cette initiative pour la paix : « La réparation n’est pas un luxe, elle est un droit, une exigence de justice, un fondement de la paix durable. »

En filigrane, ce forum reflète la volonté du président Tshisekedi d’ancrer son mandat dans une dynamique de justice réparatrice. Il a conclu avec gravité : « Nous leur devons la vérité, la justice, la réparation. Et surtout, nous leur devons un avenir où plus jamais ces atrocités ne se reproduiront. » Une ambition forte qui pourrait marquer un nouveau chapitre dans l’histoire de la réconciliation nationale en RDC.

CK

par Van Van

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