
La signature de l’accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda à Washington continue de faire réagir la classe politique congolaise. Parmi les premières voix à se faire entendre figure celle de Jean Marc Kabund, président du parti d’opposition Alliance pour le Changement (ACH), qui salue un progrès diplomatique tout en avertissant sur les limites d’un accord purement bilatéral.
Sur son compte X (ex-Twitter), ce dimanche 29 juin,l’ancien premier vice président de l’Assemblée nationale a tenu à rappeler que son parti avait déjà esquissé une voie de sortie de crise reposant sur deux étapes majeures : un dialogue entre Kinshasa et Kigali, puis un dialogue entre Congolais. « Nous avons proposé, dans notre plan de sortie de crise, un dialogue sincère entre Kinshasa et Kigali, devant aboutir au retrait des troupes rwandaises du sol congolais. Ce dialogue devrait ensuite ouvrir la voie à des pourparlers entre Congolais, en vue de parachever le processus de paix dans notre pays, notamment par une résolution définitive de la problématique AFC/M23 et des autres groupes armés, y compris les Wazalendo. »
S’il reconnaît que l’accord signé constitue une avancée vers une désescalade régionale, Kabund demeure réservé quant à sa portée réelle. « Bien qu’il comporte des incohérences, des insuffisances, des zones d’ombre et des pièges pour la RDC, nous estimons qu’il constitue malgré tout un pas dans la bonne direction pour résoudre la crise sécuritaire en RDC, à condition que les deux parties fassent preuve de bonne foi et respectent scrupuleusement leurs engagements (pacta sunt servanda). »
Kabund en appelle également à une implication active du garant international du texte, estimant que sa neutralité et sa rigueur seront déterminantes pour l’issue du processus. « Le respect des engagements ne peut souffrir ni duplicité ni calcul politicien », a-t-il averti, soulignant l’importance d’une volonté politique sincère entre les deux capitales pour que l’accord ait un impact réel sur le terrain.
Mais au-delà de l’axe RDC-Rwanda, Kabund plaide pour une réponse politique inclusive à l’échelle nationale. Pour lui, l’heure est venue d’ouvrir un véritable dialogue entre Congolais. « Sans tergiverser, le moment d’un dialogue intercongolais que nous appelons de tous nos vœux est arrivé. Car au-delà de la crise sécuritaire, notre pays fait face à des crises multiples (politique, sociale, électorale et même morale) qui nécessitent une réponse nationale concertée. » Et de conclure : « L’accord entre Kinshasa et Kigali ne pourra réellement contribuer à la résolution durable de la crise que si, et seulement si, la classe politique congolaise accepte de se parler, de bâtir une véritable cohésion nationale et de baliser la voie à des élections crédibles, organisées dans le délai constitutionnel. »
CK
