
Alors que l’accord de paix entre la République démocratique du Congo et le Rwanda signé à Washington suscite des interrogations, la ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba, a tenu à lever toute ambiguïté. Dans une interview accordée à la RTNC, elle a nié catégoriquement toute concession économique en échange de la paix. « S’il y avait eu bradage, s’il s’agissait justement de vendre, comme certains le disent, nos ressources au prix de la paix, ce n’est pas ce que nous avons fait aujourd’hui », a-t-elle affirmé.
La ministre a souligné que l’accord paraphé avec Kigali repose exclusivement sur des considérations politiques et sécuritaires. Aucune clause ne concernerait les minerais stratégiques congolais, souvent au cœur des tensions régionales. « Aujourd’hui, nous avons signé un accord de paix dans lequel il n’y a aucune provision sur les questions économiques, sur les questions de minerais stratégiques », a-t-elle insisté, rassurant quant à la préservation de la souveraineté économique du pays.
Kayikwamba a présenté le texte comme un levier pour préparer le terrain à une stabilité durable, essentielle à tout redémarrage économique. « Cet accord est très clair. Il prévoit justement la fondation d’un environnement propice dans lequel on peut aussi envisager un retour, si vous voulez, d’investisseurs, où l’on peut aussi envisager une économie plus dynamique », a-t-elle expliqué. La paix, selon elle, reste un préalable au développement.
Face aux critiques, la cheffe de la diplomatie congolaise a appelé à la prudence et à l’analyse rigoureuse du document signé. Elle a rappelé que l’accord est accessible à tous. « Nous venons à peine de signer cet accord. Je pense que dans les prochains jours, nous allons tous avoir l’occasion de lire l’entièreté de cet accord, qui est aussi accessible de manière libre », a-t-elle déclaré, renvoyant notamment au site du département d’État américain.
Au cœur des engagements pris par les deux parties figure le retrait des forces étrangères non autorisées présentes sur le territoire congolais, une priorité absolue selon la ministre. « Je veux mettre le focus sur le départ de troupes étrangères qui n’auraient jamais dû être en République démocratique du Congo », a-t-elle martelé. Des mécanismes humanitaires sont également prévus pour répondre aux urgences dans l’Est du pays.
Enfin, évoquant la détresse des populations de Goma, Bukavu, Rutshuru ou Masisi, Thérèse Kayikwamba a souligné l’urgence d’un retour à la normalité. « Une insécurité qui a rendu l’accès humanitaire extrêmement difficile, qui a plongé des millions de Congolais dans des situations volatiles (…), de déplacements forcés », a-t-elle dénoncé. Et de conclure : « La question que nous avons toujours placée au centre de nos négociations, c’est : comment créer, à travers cet accord, des conditions plus dignes pour nos populations. »
CK
