Kinshasa : la démission de Constant Mutamba agite la majorité et ravive les tensions avec Kigali

La majorité présidentielle congolaise fait face à une onde de choc politique après la démission de Constant Mutamba, ministre de la Justice, qui a quitté ses fonctions en dénonçant un vaste « complot politique visiblement conçu à Kigali et exécuté par certains de nos compatriotes ». Cette sortie fracassante, rendue publique mercredi 18 juin, intervient dans un climat sécuritaire tendu et soulève de nombreuses interrogations sur la cohésion au sein de l’exécutif.

Dans une lettre adressée au président Félix Tshisekedi, Mutamba évoque une manœuvre politique visant à l’écarter pour ses prises de position contre les responsables de l’AFC/M23, groupe armé soutenu, selon Kinshasa, par le Rwanda. Il écrit : « Malheureusement, au moment où, tel votre soldat, engagé dans des poursuites contre des hauts responsables de l’AFC/M23, je suis surpris par un coup de poignard dans le dos. »

Au-delà de l’indignation personnelle, l’ex-ministre cible clairement Kigali et certains responsables politiques congolais, qu’il accuse de collusion. Il affirme que « ce complot politique dont se revendiquent le Ministre rwandais des Affaires étrangères, qui a jubilé à travers son tweet, ainsi que les responsables de l’AFC/M23, dont l’objectif ultime est d’obtenir mon élimination physique ».

Pour Mutamba, cette crise n’est pas qu’une affaire personnelle. Il y voit une tentative plus large de fragiliser les institutions de l’État. « Ce complot (…) vise à freiner l’élan patriotique et les efforts de justice engagés », déclare-t-il, en référence notamment à ses réformes internes au sein du ministère de la Justice, dont il affirme qu’elles étaient sur le point d’aboutir.

Ce départ intervient alors que les tensions entre Kinshasa et Kigali connaissent un regain, sur fond d’affrontements entre les FARDC et les rebelles du M23 dans l’Est du pays. La charge frontale de Mutamba contre le Rwanda pourrait accentuer les crispations diplomatiques, au moment où la diplomatie congolaise cherche un appui international renforcé.

En conclusion de sa lettre, Mutamba se positionne en défenseur de l’État de droit. « Je remets ma démission non sans regret », écrit-il, se disant animé par un « devoir républicain » face à ce qu’il qualifie de « trahison intérieure ».

CK

par Van Van

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *