
Une nouvelle opération de bouclage menée par les rebelles du M23 a viré au drame, mardi 1er juillet 2025, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Deux personnes ont été abattues et environ 900 autres interpellées à Sake, dans le groupement de Kamuronza. Une situation qui ravive les tensions dans cette zone déjà fragilisée par les violences armées récurrentes.
D’après la société civile locale, les deux victimes, identifiées comme Meschak et Ndoole, auraient été tuées alors qu’elles tentaient de fuir les contrôles. « Elles ont reçu des balles et sont mortes sur-le-champ », affirme un acteur de la société civile, qui a requis l’anonymat. Il évoque une opération menée à l’aube, ciblant particulièrement les jeunes hommes du village.
L’opération a conduit à l’interpellation massive d’environ 900 civils, dont plusieurs ont été placés en détention provisoire. « Une bonne partie est restée introuvable toute la journée », a déploré notre source, s’inquiétant du sort réservé à ces personnes, dont les proches sont toujours sans nouvelles.
Sur place, la tension est montée d’un cran après l’annonce des décès. Un début de soulèvement populaire a été observé, mais il a été rapidement dispersé par les forces armées présentes. Des sources indépendantes rapportent que la peur et la colère dominent désormais l’atmosphère à Sake.
Cette opération s’inscrit dans une série de bouclages récents dans le Masisi, où les jeunes sont régulièrement assimilés aux combattants Wazalendo, un groupe d’autodéfense opposé au M23. Une stratégie qui, selon plusieurs observateurs, risque d’aggraver la fracture entre civils et belligérants, dans une région déjà minée par la méfiance et la violence.
CK
